Un pacte d’associés peut créer des organes que la loi n’impose pas : comité stratégique, conseil de surveillance, conseil d’administration de SAS, comité des rémunérations, censeur. Leur rôle est d’autoriser certaines décisions du dirigeant, de suivre la marche de la société ou de représenter les différents groupes d’associés. Leur autorité vient du pacte ou des statuts, et leurs limites aussi.
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Pourquoi créer des organes dans une SAS ou une SARL ?
La SAS ne connaît qu’un organe obligatoire : le président, qui représente la société à l’égard des tiers (article L227-6 du Code de commerce). Pour le reste, les statuts fixent librement les conditions dans lesquelles elle est dirigée (article L227-5 du Code de commerce). La SARL est gérée par un ou plusieurs gérants, personnes physiques, et la loi ne prévoit aucun organe de contrôle intermédiaire.
Dès que plusieurs groupes d’associés coexistent, fondateurs et investisseurs, branches familiales, associés opérationnels et associés financiers, il devient utile de disposer d’une instance où se discutent les décisions importantes, sans réunir une assemblée à chaque fois. C’est le rôle des organes conventionnels.
Qu’est-ce qu’un comité stratégique ?
C’est l’organe le plus répandu. Il réunit un nombre limité de membres, désignés par les différents groupes d’associés : par exemple deux membres désignés par les fondateurs et deux par les investisseurs. Sa mission principale est d’autoriser préalablement les décisions réservées que le pacte retire au dirigeant : budget, endettement, acquisitions, cession d’actifs, recrutements importants. La liste de ces décisions est présentée dans notre article sur la gouvernance et la limitation des pouvoirs du dirigeant.
Le pacte fixe son fonctionnement : fréquence minimale des réunions (souvent trimestrielle), personnes pouvant le convoquer, délai de convocation, documents à transmettre avec la convocation, quorum, majorité, voix prépondérante éventuelle de son président, participation par visioconférence, rédaction des procès-verbaux. Il peut prévoir des majorités différentes selon les décisions, certaines exigeant le vote favorable d’au moins un membre désigné par les investisseurs.
Une SAS peut-elle avoir un conseil d’administration ?
Certains pactes, ou certains statuts, dotent la SAS d’un « conseil d’administration » ou d’un « conseil de surveillance ». Le nom est emprunté à la société anonyme, mais le régime n’a rien à voir : les règles du conseil d’administration de la SA ne s’appliquent pas à la SAS, puisque l’article L227-1 écarte les articles qui les organisent. Composition, compétences et fonctionnement sont ceux que les associés définissent.
Ce conseil peut désigner et révoquer le président et les directeurs généraux, fixer leur rémunération et autoriser les décisions réservées. Il est en pratique proche d’un comité stratégique doté de pouvoirs plus larges.
Les comités spécialisés
Dans les sociétés de taille plus importante, le pacte peut prévoir un comité des rémunérations, chargé de proposer la rémunération des dirigeants et les attributions d’actions ou de bons aux salariés, ou un comité d’audit, chargé de suivre l’arrêté des comptes et les relations avec le commissaire aux comptes. Ces comités émettent des avis ; la décision reste à l’organe compétent.
Quel est le rôle du censeur ?
Le censeur assiste aux réunions d’un comité ou d’un conseil, reçoit les mêmes documents que ses membres et peut prendre la parole, mais ne vote pas. La fonction est souvent attribuée à un investisseur minoritaire qui ne dispose pas d’un siège, ou à un conseil extérieur. Son absence ne doit pas affecter la validité des délibérations, ce que le pacte doit préciser.
Organe prévu par le pacte ou par les statuts ?
Un organe créé uniquement par le pacte n’a d’existence qu’entre les signataires (article 1199 du Code civil). Son efficacité repose sur l’engagement du dirigeant, signataire du pacte, de ne pas prendre les décisions réservées sans son autorisation. Si le dirigeant passe outre, l’acte reste valable à l’égard des tiers ; la sanction est interne, par la mise en cause de sa responsabilité et sa révocation.
Lorsque l’organe est prévu par les statuts d’une SAS, ses décisions s’imposent à tous les associés, y compris ceux qui n’ont pas signé le pacte, et un dirigeant nommé par un conseil statutaire tient ses pouvoirs des statuts. Les statuts peuvent créer l’organe et renvoyer au pacte pour sa composition détaillée ou la liste des décisions réservées. Même statutaires, les limitations des pouvoirs du président restent inopposables aux tiers (article L227-6 du Code de commerce).
Confidentialité, gestion de fait et évolution du comité
Les membres d’un comité doivent respecter la confidentialité des informations reçues. Le pacte leur permet souvent de les partager avec l’associé qui les a désignés, à condition que celui-ci soit tenu des mêmes obligations.
Un comité qui s’immisce dans la gestion courante, en donnant des instructions au dirigeant sur chaque opération, expose ses membres au risque d’être considérés comme des dirigeants de fait, avec la responsabilité qui s’y attache. Son rôle doit rester celui d’une autorisation préalable sur des décisions limitativement énumérées.
Enfin, la composition du comité doit évoluer avec le capital : le droit de désigner des membres est en général lié à un seuil de détention, en dessous duquel il disparaît. Ces mécanismes protègent particulièrement l’associé minoritaire, comme l’explique notre article comment protéger un associé minoritaire.
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